Tannage végétal ou tannage au chrome ?

Une peau brute pourrit. Le tannage est l’opération qui la transforme en cuir stable. Deux grandes familles se partagent le marché, et elles ne donnent pas du tout le même matériau.
Le tannage végétal
Il utilise les tanins contenus dans l’écorce de chêne, de châtaignier, le quebracho ou la noix de galle. Les peaux passent des semaines en fosses ou en fûts, dans des bains de concentration croissante. Le résultat est un cuir ferme, dense, à la coupe claire, qui sent bon le bois et se teinte en profondeur.
C’est le cuir des ceintures, des fonds de sacs, des porte-cartes rigides. Il se moule à l’usage, accepte le repoussage et l’estampage, et développe une patine ambrée sous l’effet de la lumière. En contrepartie, il craint l’eau, marque facilement et reste plus raide.
Le tannage au chrome
Mis au point à la fin du XIXe siècle, il emploie des sels de chrome III et ne demande que quelques heures. Le cuir obtenu est souple, léger, résistant à l’eau et à la chaleur, et se teint dans une palette bien plus large. Sa coupe est typiquement bleu-gris — d’où le nom de wet blue donné au cuir en cours de traitement.
C’est le cuir des sacs souples, des doublures, des blousons. Il est stable, peu sensible aux taches d’eau, mais ne prend jamais la patine profonde d’un végétal.
Comment trancher
- Tenue, patine, gravure → tannage végétal.
- Souplesse, légèreté, couleurs vives, usage humide → tannage au chrome.
- Compromis → le tannage mixte, chromé puis retanné aux végétaux, très courant en bagagerie.
À retenir
Aucun des deux n’est « meilleur ». Regardez la tranche du cuir : claire et beige, c’est du végétal ; gris-bleuté, c’est du chrome. Nous précisons le tannage sur chaque fiche produit.
